Moto légende

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1921/1981 Moto Guzzi
60 ans de monocylindre horizontal
La Moto Guzzi va fêter son soixantenaire. Comment mieux marquer l'événement qu'en dédiant ce magazine mensuel des Bonnes Petites Vieilles à la marque et, plus spécialement au monocylindre horizontal si caractéristique des productions de l'usine de Mandello Del Lario. L'histoire de la Moto Guzzi commence à la fin de la première guerre mondiale dans une escadrille Italienne où deux jeunes aviateurs rêvent de construire leur propre moto. L'un d'eux, Giovanni Ravelli, va se tuer dans un accident d'avion juste après la démobilisation mais le projet est lancé et continuera. Fils d'un riche armateur, Giorgio Parodi s'associe à Carlo Guzzi, un jeune ingénieur en mécanique, et installent leur officine à Mandello Del Lario sur les bords du lac de Côme. Carlo Guzzi a des idées bien arrêtées sur la conception de sa moto et la réalisation ne traîne pas. Sous le sigle G.P. (Guzzi - Parodi), la première Guzzi apparaît dès 1919 et on y trouve déjà toutes les caractéristiques principales qui resteront celles de tous les monos Guzzi. Le moteur monocylindre de 500 cm3 est disposé horizontalement pour avoir un centre de gravité le plus bas possible et avec un gros volant d'inertie extérieur qui fait aussi office de pignon d'entraînement pour la boîte de vitesses.

Ce premier modèle est un semi culbuté avec une soupape d'échappement latérale. La soupape d'admission est commandée par tige et culbuteur avec, ce qui est tout à fait nouveau pour l'époque, un ressort de rappel en épingle. Ces ressorts seront par la suite adoptés sur toutes les motos sportives. Un autre gros modernisme de la Guzzi est son graissage à carter sec avec une pompe à engrenages pour le graissage des paliers et une autre pompe pour ramener l'huile au réservoir. Tout ceci était remarquable à une époque où le graissage par huile perdue était la solution quasi générale. Notez encore un embrayage multidisque tout métal et un robuste cadre double berceau associé à une suspension avant à parallélogramme. Sous le nom définitif de Moto Guzzi, cette fois, le premier modèle commercial sort de Mandello en 1921 et dès septembre de cette année-là, l'usine se lance dans la compétition et remporte la Targa Florio en 500 cm3.

En 1924, une 500 à simple arbre à cames en tête entraîné par arbre et couples coniques, remporte le Grand Prix d'Europe à Monza. Ce n'est qu'un début et Guzzi va rapidement apparaître au palmarès de toutes les grandes courses en Italie puis à l'étranger. Sans cesse améliorés, les monos Guzzi remportent un égal succès en 250, 350 et 500 cm3 et la gamme va en s'élargissant avec en particulier des versions utilitaires et militaires. Toujours au top niveau de la technique la Moto Guzzi va s'illustrer aussi avec des bicylindres en V, des trois, des quatre et même un huit cylindres. Enfin, dans les années 50, sous l'égide du fameux ingénieur Giulio Carcano, la Moto Guzzi est à la pointe du progrès par ses études aérodynamiques et ses réalisations de carénages. La Moto Guzzi, il faut un livre pour la raconter. L'ouvrage existe d'ailleurs et est remarquablement bien fait "Moto Guzzi par Mario Columbo aux Editions Milani". (Distribution EPA. 18 rue D'Issy - 92100 Boulogne. 204 F. 450 pages et 500 photos). Place ici aux photos des versions les plus marquantes de soixante ans de monocylindre.
500 2 VT (Valvole in Testa) en 1927. Collection Berton.
500 2 VT (Valvole in Testa) en 1927. Collection Berton. Le graissage s'effectue par carter sec avec un réservoir séparé au-dessus du moteur et deux pompes. Le volumineux "coupe jambon" extérieur sert de volant d'inertie et, sur sa face intérieure d'engrenage pour la transmission primaire. les deux soupapes commandées par tiges et culbuteurs avec ressorts de rappel en épingle sont totalement à l'air libre.

 

500 Sport - 1926. Collection Pasqualotto.
500 Sport - 1926. Collection Pasqualotto. Dès 1923, la 500 "Normale" se double d'une version sport. Ce modèle sera produit de 23 à 28 avec des variantes de détails. Le moteur est identique à celui du tout premier modèle. En option on pouvait monter un éclairage Bosch avec une dynamo de 30 W et une batterie.

Type Sport - 1923/1928
Alésage x course: 88 x 82 mm
498,4 cm3
Compression 4,5 à 1
13 ch à 3800 tr/mn
Distribution semi culbutée
Boîte trois vitesses à main
Poids 130 kg
Vitesse: environ 100 km/h
500 Type Sport 14 - 1929. Collection Pasqualotto.
500 Type Sport 14 - 1929. Collection Pasqualotto.
Suite logique du premier type Sport la "Sport 14" diffère par une nouvelle fourche avec amortisseur à frictions plus largement ailetté. l'équipement électrique est plus complet. En 29, Guzzi est devenue la marque la plus vendue en italie, l'usine emploie désormais 500 personnes et aura produit 4285 "Sport 14" en deux ans alors qu'en 1921 la production totale de l'usine n'était que de 17 exemplaires ! Les prix baissent aussi avec l'augmentation de production et la "Sport 14" de 30 ne vaut plus que 6250 lires alors la Sport de 28 en valait 6900.
500 2 VT - 1927. Collection Berton.
500 2 VT - 1927. Collection Berton.
En 1923 apparaît la première Guzzi peinte en rouge la C 2 V qui deviendra la machine sport client avec deux soupapes commandées par tiges et culhuteurs. "L'usine" qui va, en 1924, remporter la "Targa Florio" a un arbre à cames en tête et quatre soupapes. Ce modèle 2 VT conserve l'apparence traditionnelle des premiers modèles mais dès 1928 sort une version avec réservoir en selle et suspension arrière oscillante suivant une disposition originale et efficace qui restera longtemps caractéristique des Guzzi avec les ressorts en long sous le moteur.
500 4 V TT - 1929 Quattro Valvole.
500 4 V TT - 1929 Quattro Valvole.
Née en 1924 la "Quattro Valvole" est la première vraie moto de compétition de la Moto Guzzi. Mais elle reprend en fait la conception imaginée au départ par Carlo Guzzi pour ses moteurs. Malheureusement le quatre soupapes se révéla trop onéreux pour être construit en série. Dès son apparition ce modèle se révèle le plus rapide de sa catégorie sur le plan international et remporte aux mains de pilotes d'usine comme à celles des privés (486 exemplaires construits entre 24 et 33) de nombreux succès en championnat d'Europe, au TT etc...
Avec le même alésage course super carré de 88 x 82, la compression est restée très faible, 6 à 1, mais la puissance va de 22 à 32 ch. 22 ch à 5500 t/mn pour les versions 24/27 avec un carbu Amal de 28,5 mm, une boîte trois vitesses (ici commandée par un sélecteur adaptable Simplex) et une simple suspension avant. Sur la version 1927/29, le réservoir d'huile séparé prend place au-dessus du réservoir d'essence. L'arbre à cames en tête est commandé par arbre et couples coniques et les quatre soupapes ne s'ouvrent pas deux par deux en même temps, mais avec un décalage. Une d'échappement, puis l'autre, etc... de façon à assurer un remplissage optimal. La machine pèse environ 130 kg et atteint 150 km/h. Le vilebrequin est d'une seule pièce et la transmission primaire s'effectue par engrenages hélicoidaux.

 

P 220 - 1935 (Collection Berton)
P 220 - 1935 (Collection Berton)
En 32 Guzzi s'attaque à la moto légère avec des 175 et 250 monos horizontaux culbutés. Plus tard, en 1939, l'évolution de ces modèles donnera naissance à l'Airone 250. Par rapport aux modèles précédents on note que les culbuteurs sont ici presque totalement enfermés avec les tiges de commandes dans un tube unique. Cette version de 35 à cadre rigide fait 220 cm3 et possède une boîte 3 vitesses commandée au pied. Un modèle similaire (250 cm3) avec une boîte quatre vitesses et un cadre à suspension arrière remporte le fameux rallye Milan-Tarente. La puissance est de 7 ch à 4200 t/mn pour la 175 et de 9 ch à 4000 t/mn pour la 250 avec des vitesses respectives de 90 et 100 km/h, 105 km/h même pour cette version sportive la P 220. La machine pèse 120 kg.
500 Astore - 1950. Collection Berton.
500 Astore - 1950. Collection Berton.
En 1949, après la guerre la 500 GTV est remplacée par l'Astore qui en diffère principalement par son cylindre et sa culasse en alliage léger. L'Astore sera produite jusqu'en 1953 et remplacée progressivement par la Falcone qui apparaît en 50.
Caractéristiques
Alésage x course: 88 X 82 mm
498,4 cm3
Compression 5,5
18,9 ch à 4300 t/mn
Soupapes travaillant bain d'huile
4 vitesses par sélecteur
Suspension avant Guzzi télescopique à amortisseurs hydrauliques, arrière oscillante avec amortisseurs hydrauliques verticaux et ressorts enfermés dans des tubes horizontaux sous le moteur
Poids: 180 kg
Vitesse: environ 120 km/h
500 Guzzi Astore
500 Guzzi Astore
 
 
500 Gambalunga - 1948. Collection Berton.
500 Gambalunga - 1948. Collection Berton.
Créée en 1946 sur la base de la Dondolino la Gambalunga est la première moto de course moderne de Moto Guzzi et sera produite jusqu'en 1951 dans sa version culbutée. Utilisant au départ les côtes moteur classiques (88 x 82 mm) cette Gambalunga sera en 48 transformée en longue course (84 X 90 mm) et en tirera son surnom "Gambalunga", "Jambe Longue" en Français. La fourche avant à petits balanciers dessinée par Giulio Carcano est ensuite adoptée sur tous les modèles sport.
La Gambalunga connaît un énorme succès en course et est par la suite pourvue d'un cadre amélioré. Elle emprunte aussi de nombreuses solutions au 250 Gambalughino et les dernières versions de 54 avec un alésage course de 84 x 88 mm ne seront plus culbutées mais à deux act avec pompe mécanique d'alimentation et un cadre en treillis tubulaire. Elle atteint 230 km/h et sera utilisée jusqu'en 57 tandis que l'usine passe au bicylindre puis au 4 et au 8 cylindres.

Caractéristiques Gambalunga 1946/51
Alésage x course: 84 x 90 mm
497,7 cm3
35 ch à 5800 tr/mn
Distribution culbutée
Carbu de 35 mm
Embrayage multidisque en bain d'huile
Boîte: 4 vitesses
Poids: 125 kg
Vitesse: 180 km/h
Galletto 1949/1966
Galletto 1949/1966
Le Galletto est sans doute le deux roues utilitaire le plus intelligent jamais produit qui réunit à la fois tous les avantages de la moto et ceux du scooter. Le premier modèle, de 160 cm3 apparaît en 1948 (au fond sur la photo) il a successivement trois puis quatre vitesses et passe en 175 cm3 puis, en 1950 en 192 cm3. La dernière version (devant sur la photo) est même munie d'un démarreur électrique. Par contre les éléments de carrosserie, en aluminium au début seront en tôle pour les modèles plus récents. Les roues de 17 pouces sont interchangeables et instantanément démontables avec à l'arrière un seul bras de suspension oscillant comme sur la BMW R 800 Enduro. Une roue de secours prend place devant le tablier.
La tension de la chaîne de transmission secondaire s'effectue par un montage sur excentrique du moyeu arrière. Les ressorts et amortisseur incorporés de la suspension arrière cantilever sont disposés horizontalement au dessus du moteur et non pas au dessous comme sur les motos de la marque. On trouve sous la selle le réservoir d'huile séparé et la batterie. Trop cher par rapport aux scooters construits en grande série et de technique beaucoup plus simple le Galletto sera malheureusement arrêté en 66 lors de la grande crise de la moto. Si des solutions techniques très sophistiquées avaient été choisies pour le Galletto l'usine avait pourtant recherché l'économie sur certains points avec par exemple un vilebrequin en porte à faux (comme sur le Solex) tournant sur un seul palier.

Caractéristiques du 160 cm3
Alésage x course: 62 X 53 mm
159,5 cm3
6 ch à 5200 t/mn (7,7 ch pour le 192 cm3)
Poids: 107 kg
Vitesse: 80 km/h
Depuis 1932 Guzzi fabrique des versions spéciales pour l'Armée.
Depuis 1932 Guzzi fabrique des versions spéciales pour l'Armée.
Ce fut d'abord la GT 17 de 32 à 39 puis la GT 20 en 38, la Alce et la Tri-Alce semi culbuté de 39 à 45 puis l'Alce V et cette Super Alce en service de 36 à 1947 qui utilise le moteur à culbuteurs. Notez bien sûr le porte fusil mais aussi le guidon pliable pour le passager.

Une 500 Guzzi Astore pilotée par Pecetto au Bol d'Or 1953.

 


 

 

Le tricycle utilitaire
Le tricycle utilitaire
Apparu en 1928 le tricycle utilitaire équipée du 500 monocylindre évolue (peu) au fil des ans. Il apparaît avec ce moteur à soupapes totalement encloses à partir de 1950 et il en sort encore en 1956 avec un démarreur électrique sur les dernières versions. La boîte est à 5 vitesses et marche arrière commandée à main. Vitesse environ 60 km/h.
250 cm3 2 ACT - 1953/55
250 cm3 2 ACT - 1953/55
A l'état de projet depuis 1950, la 250 double arbre à quatre soupapes sort en 1953 et écumera les circuits pendant deux ans. La base moteur est pratiquement celle de la Gambalughino de même que la partie cycle et, avec son carénage bec de dauphin en alu étudié en soufflerie, la 250 "Bialbero" atteint 200 km/h. On la voit ici aux mains d'un des vieux mécaniciens de l'usine avec derrière Mario Colombo l'auteur du livre "Moto Guzzi".
Gambalughino 250 - 1948. Collection Berton.
Gambalughino 250 - 1948. Collection Berton.
En 1939, Carlo Guzzi et Carcano ont créé l'Albatros 250 cm3 à simple arbre à cames en tête entraîné par arbre et couples coniques. Après Guerre le modèle est totalement revu, emprunte bon nombre d'éléments à la Gambalunga et devient la Gambalughino qui sera produite jusqu'en 1952. Brillant début, la Gambalughino permet à Guzzi de remporter en 1949 le premier championnat du monde avec Bruno Ruffo. Les Gambalughino sont en principe réservées aux pilotes officiels ou aidés par l'usine mais de nombreux privés transformeront eux-mêmes des Albatros ou rachèteront des ex-usine.
Modifiée au fil des ans surtout avec différentes recherches aérodynamiques pour l'habillage la Gambalughino établit en 50 et 51 bon nombre de records de vitesses dont un 160 km/h à Montlhéry sur deux heures.
Caractéristique Gambalughino 1949
Alésage x course: 68 x 68 mm
246,8 cm3
8,5 à 1
25 ch à 8000 t/mm
Cylindre et culasse alu
Un ACT
Dell'Orto de 34 mm
Boîte 4 vitesses
Pneus avant et arrière de 21
Poids: 122 kg
Vitesse: 180 km/h
Gambalughino 250 - 1948. Collection Berton.
Une version privée modifiée en Angleterre avec un nouveau cadre.
Une version privée modifiée en Angleterre avec un nouveau cadre.
L'ultime version Sahara de la Falcone
L'ultime version Sahara de la Falcone
Présentée en 75 l'ultime version Sahara de la Falcone ne sera produite qu'à très peu d'exemplaires mais le modèle armée strictement identique à quelques détails près d'équipement existera de 70 à 76.

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